Publié le 23 janvier 2026
Piloter son business en se focalisant sur le ROI ou le ROAS est un réflexe courant. Logique : ce sont des indicateurs de performance marketing lisibles, rassurants, faciles à mesurer. Mais à force de scruter un KPI isolé, on perd de vue l’essentiel : la valeur réelle d’un business. Confondre ROI, ROAS et CLV, ou en privilégier un seul, conduit à des décisions biaisées. Alors, comment analyser un indicateur de performance sans perdre la vision d’ensemble ? C’est précisément l’objet de cette feuille de route.
Êtes-vous victime des biais d’analyse des KPI ?
Dans beaucoup d’entreprises, la performance webmarketing (et même marketing tout court) est résumée à un ou deux chiffres. Le ROI, éventuellement le ROAS et basta. Ces indicateurs deviennent des boussoles uniques, parfois obsessionnelles, exposées à plusieurs biais qui leur font perdre le nord :
- Le biais de lecture : une lecture isolée pousse à privilégier la rentabilité immédiate, la partie émergée de l’iceberg, au détriment de la valeur créée dans le temps. On coupe une campagne « non rentable », sans mesurer ce qu’elle nourrit en profondeur.
- Le biais des outils : les données sont cloisonnées par nature. Google Analytics ne permet pas de mesurer une CLV complète (que vous trouverez plutôt côté CRM). Et même là, la qualité des chiffres dépend du tracking mis en place. Sans server-side, avec un bandeau cookies mal optimisé, on travaille de toute façon sur un jeu de données partiel.
- Le biais humain : enfin, il y a la vision interne des entreprises. Certaines visent la rentabilité immédiate, d’autres construisent une valeur sur le long terme. Ces visions peuvent même s’opposer au sein d’une direction. Et sans pilote expérimenté aux commandes, le crash n’est jamais loin.
Autrement dit, on demande souvent à un seul instrument de bord de piloter tout l’avion. Or le ROI, le ROAS et la CLV n’indiquent ni la même altitude, ni la même trajectoire, et parlent un langage qu’il faut savoir décoder.
ROI, ROAS, CLV : trois indicateurs marketing, trois lectures de performance
Nous n’allons pas détailler ici la définition précise des indicateurs de performance ni expliquer comment calculer un KPI (d’autres, comme Hubspot, l’ont déjà très bien fait). L’objectif est plutôt de rappeler ce que chaque métrique dit… et ce qu’elle ne dit pas.
Le ROI (Return On Investment)
Le plus connu de tous ! Le retour sur investissement mesure la rentabilité d’une action en comparant le chiffre d’affaires généré à l’ensemble des coûts engagés. En clair : « est-ce que ce que j’investis me rapporte plus d’argent que ça me coûte ? ». Facile à comprendre et rassurant d’un point de vue financier, il reste peu précis et peu actionnable pour arbitrer une stratégie marketing. ll ignore les effets indirects et les dynamiques d’acquisition dans le temps, ce qui en fait un indicateur surtout prisé des PME et ETI orientées rentabilité globale et des structures peu exposées au paid media.
Le ROAS (Return On Ad Spend)
Le ROAS, ou retour sur investissement publicitaire, se concentre comme son nom l’indique exclusivement sur la performance paid. C’est donc un KPI incontournable pour les e-commerces, annonceurs et équipes SEA/SMA. Très utile pour comparer l’efficacité de campagnes, canaux ou audiences, il ne permet pas, à lui seul, de juger la rentabilité réelle. Il propose une photographie à un instant T. Concrètement : vous pouvez avoir un ROAS élevé… mais un ROI aux fraises.
La CLV (Customer Lifetime Value)
La valeur à vie du client estime ce que rapporte un client pendant toute sa durée de vie dans votre pipe, de l’acquisition jusqu’à la fidélisation. C’est l’indicateur marketing qui permet de raisonner en valeur long terme plutôt qu’en performance immédiate. Puissante, mais techniquement et humainement exigeante, la CLV nécessite un CRM structuré, un tracking solide et des équipes chevronnées capables de l’interpréter correctement. C’est pourquoi elle est davantage exploitée dans les entreprises matures en webmarketing, qui ont fait de la qualité de leurs données une priorité.
« Les marques qui vont le plus loin sont celles qui, plutôt qu’être obsédées par le ROAS, se sont dotées de bons outils pour suivre la Customer Lifetime Value. » – Damien Furst, Directeur d’AGAT
Chaque métrique répond à une question différente, c’est précisément pour ça qu’aucune ne suffit, à elle seule, à piloter une stratégie marketing. Alors, comment fait-on ?
Étape 1 : décloisonnez l’analyse de vos indicateurs de performance
Chaque KPI éclaire une facette différente de votre business. Ensemble, ils racontent une histoire cohérente. Isolément, ils poussent à prendre des décisions au doigt mouillé. Décloisonner vos analyses, c’est accepter que :
- un levier peut nourrir la performance d’un autre, sans que cela n’apparaissent directement dans les chiffres
- un bon indicateur à court terme peut masquer une création de valeur fiable sur le long terme
- une action non rentable immédiatement peut être stratégique sur la durée
Prenons un cas concret. Une campagne paid d’une marque, conçue pour acquérir de nouveaux clients, affiche un ROAS faible. La marque peut être découragée par ce chiffre analysé « à chaud » qui n’est pas à la hauteur de ses espérances, et vouloir stopper la campagne.
Et pourtant ! De nouveaux clients, même si peu nombreux, sont désormais entrés dans la base de données de la marque. En les travaillant via le CRM ou des relances paid très bien anglées, il est totalement possible d’augmenter leur Customer Lifetime Value. Le coût d’acquisition, élevé à la base, peut être amorti, et même être très intéressant quand on fait preuve de patience et de persévérance. Ce qui n’est pas possible si on jette l’éponge trop rapidement.
À l’inverse, une campagne publicitaire peut afficher un excellent ROAS tout en s’adressant quasi exclusivement à des clients déjà acquis. Les chiffres immédiats sont bons, mais la valeur créée est faible. Sans mise en perspective avec la CLV ou le taux d’acquisition de nouveaux clients, l’évaluation de la performance sera mécaniquement biaisée.
Mais décloisonner les métriques ne suffit pas. Il faut savoir qui les lit, comment et avec quel objectif.
Étape 2 : mettez le bon pilote aux commandes de votre webmarketing
Il n’existe pas une seule bonne manière de piloter l’analyse de la performance marketing : chaque entreprise a sa propre grille de lecture, ses indicateurs de prédilection et ses enjeux business.
« Certaines entreprises qui ont un bon ROAS privilégient le paid peu importe l’audience. D’autres l’utilisent uniquement pour attirer de nouveaux clients, car elles travaillent déjà le CLV via d’autres actions. Pour moi, la vérité est toujours dans le mélange. Il faut avoir en tête toutes ces notions et adopter une approche holistique. » – Damien Furst, Directeur d’AGAT
Et pour corser le tout, chaque responsable digital marketing va lui aussi avoir sa propre expérience et sa vision. Le vrai risque apparaît lorsque cette vision n’est :
- ni identifiée
- ni en phase avec la stratégie de l’entreprise
- ni challengée
- et encore pire : quand il n’y a aucun pilote aux commandes
On pourrait avoir l’impression que le marché regorge tellement de professionnels qu’il suffit de se baisser pour ramasser la perle dont on a besoin. Mais c’est oublier que le digital marketing est vaste, si tentaculaire que personne ne peut se proclamer expert en tout.
Il existe donc autant d’approches que de professionnels, et ces différences d’approche sont rarement approfondies lors d’un recrutement ou du choix d’un prestataire, alors qu’elles conditionnent directement les décisions prises : ce qu’on optimise, ce qu’on coupe, ce qu’on accepte d’investir sans retour immédiat.
C’est aussi pour cela que les entreprises plus matures ne cherchent pas un simple exécutant. Elles ont besoin d’un partenaire capable de challenger les chiffres, de les remettre en contexte, et d’adapter la lecture du ROI, ROAS et CLV à leurs enjeux réels.
AGAT pour vous aider à garder le cap sur vos KPI
Quand nos clients font appel à nous, ils embarquent avec non pas un pilote, mais tout un équipage aux regards complémentaires. Chez AGAT, on ne se contente pas d’exécuter des campagnes ou de commenter des tableaux de bord. On aide activement votre équipe à construire une lecture cohérente de sa performance marketing, alignée avec votre vision business.
Si vous avez du mal à maintenir le cap avec vos KPI, discutons-en !


